Home » Justice : l’ex-PDG de Sonatrach Ould kaddour a été arrêté à Dubaï.

Justice : l’ex-PDG de Sonatrach Ould kaddour a été arrêté à Dubaï.

Ould kaddour

Algérie : En fuite à l’étranger depuis 2019, l’ex-PDG de Sonatrach abdelmoumen ould kaddour, a été arrêté, tôt ce matin, à l’aéroport de Dubaï, aux Émirats arabes unis, où il venait d’atterrir en provenance de Paris, suite à un mandat d’arrêt international, a-t-on appris ce vendredi de sources sûres.

Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad avait annoncé, le 24 février 2021, qu’un mandat d’arrêt international avait été lancé par la justice algérienne à l’encontre d’abdelmoumen ould kaddour, poursuivi dans l’affaire de l’achat de la vieille raffinerie d’Augusta en Italie en 2018, auprès du groupe ExxonMobil, pour un montant de plus de 720 millions de dollars.

« Le Pôle pénal économique et financier a ouvert une enquête sur l’affaire de la raffinerie d’Augusta, dans laquelle un mandat d’arrêt international a été émis contre le principal accusé »

APS

Aussi, l’ex-ministre de l’Énergie Abdelmadjid ATTAR avait évoqué cette affaire vers la fin du mois de janvier. Il avait en effet confirmé, lors d’un entretien accordé l’agence russe Spoutnik, qu’une instruction judiciaire est en cours.

« À l’époque, on disait que c’était un investissement à l’international qui devait permettre à l’Algérie de diminuer ses importations de gasoil. Malheureusement, il s’est avéré qu’Augusta ne pouvait pas raffiner de pétrole algérien, mais de brut saoudien et azerbaïdjanais ».

Spoutnik

Une raffinerie de 70 ans

Les mises en garde d’experts qui appelaient à annuler l’opération « avant qu’il soit trop tard » n’avaient pas été entendues. « N’achetez pas la raffinerie d’Augusta ! » avait alerté l’ancien directeur général de Schlumberger North-Africa Hocine-Nasser Bouabsa.

Hocine-Nasser Bouabsa révélait que la compagnie américaine ExxonMobil essayait depuis des années de se débarrasser de sa plus grande raffinerie européenne à Augusta sans qu’elle puisse lui trouver un repreneur en raison de plusieurs facteurs, notamment, la surcapacité par rapport à la demande en carburant en Europe, la vétusté de la raffinerie construite en 1949, l’emplacement de la raffinerie dans une région très polluée et la réaction de l’opinion publique locale qui réclame la fermeture de ladite raffinerie pour des raisons écologiques.

En février 2020, le magazine des professions juridiques Le Monde du droit révélait que Sonatrach avait dû emprunter 250 millions de dollars pour entretenir la raffinerie d’Augusta, en Sicile. « Allen & Overy Paris ont conseillé The Arabe Petroleum Investments Corporation (APICORP), une institution financière multilatérale de développement, dans le cadre de deux facilités de crédit d’un montant total de 250 millions de dollars à Sonatrach Petroleum Investment Corporation (SPIC), une filiale de Sonatrach SPA, la compagnie nationale algérienne pétrolière et gazière », indiquait le média spécialisé.

L’ex-PDG de Sonatrach Abdelmoumen Ould-Kaddour avait défendu son choix de racheter la raffinerie en ces termes, jugé dédaigneux par ses contradicteurs : « Mais de quoi se mêlent-ils ? » « J’ai passé 25 ans à étudier, je suis diplômé en génie chimique de l’École nationale polytechnique d’Alger, j’ai fait MIT (Massachussets Institute of Technology), Harvard University (…). Avec toutes les écoles que j’ai fréquentées, on vient me dire aujourd’hui n’acheter pas ! De quoi se mêlent les étrangers ? (…) On est des professionnels ! » avait-il déclaré.

Ould-Kaddour a pris comme ligne de défense l’urgence de réduire les importations des produits pétroliers raffinés. « Je trouve bizarre que personne ne se demande pourquoi Sonatrach n’a pas de présence importante à l’international ou, par exemple, ne fais pas de raffinage », a-t-il lâché, précisant que « Sonatrach a importé de 2011 à ce jour (2018, ndlr) plus de 16 milliards de dollars de produits raffinés ». « On achète pour 2 milliards de dollars par an de carburants. Jusqu’à quand ? » s’était-il emporté dans un entretien au Quotidien d’Oran, estimant que si l’Algérie a préféré importer que raffiner, c’est tout simplement parce qu’il n’y avait pas un responsable comme lui qui avait le « courage » de prendre la décision de raffiner en Algérie.

Sending
User Review
5 (6 votes)