Algérie

Inflation : les produits frais défient la Banque d’Algérie… et votre budget explose !

Inflation : les produits frais défient la Banque d’Algérie… et votre budget explose !

Sur les étals bondés d’El Kerma à Oran ou de Bir Mourad Raïs à Alger, les tomates atteignent 140-180 DA le kilo en ce début 2026, les oignons grimpent à 200 DA, et les pommes de terre stagnent à 80-160 DA malgré les récoltes abondantes signalées par l’ONS. À Constantine, les ménagères scrutent les prix, pestent contre les hausses ramadanesques récurrentes, tandis que les sacs se remplissent à contrecœur. Pourquoi ces produits frais échappent-ils aux leviers de la Banque d’Algérie, même avec l’inflation globale en baisse à 1,7% fin 2025 ?

Volatilité persistante malgré l’inflation globale maîtrisée

L’ONS rapporte une désinflation marquée : -1,2% des prix en octobre 2025, avec une moyenne annuelle de 1,7%, tirée par les baisses des légumes et viandes. Pourtant, les frais restent volatils : tomates à 96-140 DA/kg à Oran, oignons à 25-200 DA selon les saisons. Le nouveau modèle AMPM, lancé par la Banque d’Algérie et le FMI, distingue inflation sous-jacente (4%) des frais (jusqu’à 7,1% historiquement), confirmant leur « non maîtrisabilité » monétaire.

À Alger, l’IPC urbain chute, mais les wilayas intérieures comme Ghardaïa voient les dattes et frais locaux bondir de 20-30%. « Les baisses globales masquent les pics saisonniers », analyse l’Observalgerie, prévoyant 1,3% en 2026 – menacé par la hausse du carburant depuis janvier.

Causes structurelles inchangées : intermédiaires et logistique défaillante

La spéculation persiste : grossistes stockent face à la production locale faible (20-30% des besoins), imports du Maroc/Espagne vulnérables aux aléas climatiques. À Oran, Nabil Kouissi (Fédération des marchés de gros) promet des baisses avec les récoltes de Mostaganem, mais les transporteurs captent 40-50 DA/kg. La shrinkflation s’ajoute : paquets rétrécis, prix figés.

Témoignage fictif de Samir, vendeur à Constantine : « On achète à 60 DA, on revend 120 DA ; les contrôles ? Une blague. » Amina, consommatrice d’Alger : « On zappe les salades pour du riz subventionné. » Le FMI pointe les pondérations IPC obsolètes (base 2001), sous-estimant les frais à 30% du panier réel des ménages modestes.

ProduitPrix Oran (DA/kg, 2025-2026)Variation saisonnièreWilaya impactée 
Tomates100-180+50% RamadanOran, Alger
Pommes de terre60-160-10% post-récolteConstantine, Mostaganem
Oignons25-200+300% hiverAlger, Oran

Politiques publiques : gels inefficaces et AMPM comme espoir

Les subventions (20 milliards DA/an) et gels échouent face aux marchés parallèles. La Banque cible le sous-jacent, ignorant les chocs frais – inflation réprimée ressurgit en pénuries. APS note un ralentissement à 1,7%, mais La Sentinelle alerte sur les tensions persistantes malgré AMPM.

La hausse carburant 2026 risque un effet domino sur transports (+20% coûts frais). Le FMI urge refonte IPC et intégration frais dans projections trimestrielles.

Entre chiffres officiels et quotidien des souks

L’inflation perçue (6-8%) diverge de l’officielle (1,7%), érodant la confiance. Ménages adaptent : moins de frais, plus de conserves. AMPM modernise, mais sans réformes logistiques (stockage, irrigation), les prix frais défieront encore.

Et si la Banque d’Algérie intégrait enfin les réalités des souks dans son pilotage, au-delà des modèles ?