Les tensions au détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran depuis fin février 2026, font flamber les prix du pétrole. Le baril de Brent a dépassé les 96 dollars récemment, menaçant l’économie mondiale. Pour l’Algérie, grand exportateur d’hydrocarbures, cette crise offre des opportunités mais aussi des défis majeurs.
Contexte de la crise à Ormuz
Le détroit d’Ormuz est une artère vitale pour le pétrole mondial. Il voit passer 20% de la consommation globale de brut et de gaz naturel liquéfié. Le 28 février 2026, après des frappes américano-israéliennes sur l’Iran, les Gardiens de la Révolution ont bloqué partiellement le trafic maritime.
Cette action répond à une escalade régionale. L’Iran menace de fermer complètement le détroit pour faire pression sur les États-Unis et Israël. L’ONU alerte sur les risques pour l’économie mondiale, avec des hausses de coûts de transport et des tensions sur les marchés.
Malgré des appels à la libération de réserves stratégiques par l’AIE, les prix restent élevés. Le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, insiste sur le maintien de la fermeture.
Hausse spectaculaire des prix du pétrole
Les cours ont explosé depuis le blocage. Le WTI est passé de 91,79 dollars le 6 mars à 96,52 dollars le 12 mars, avec un pic à 119,48 dollars. Le Brent a frôlé les 110 dollars, loin des 60 dollars prévus dans le budget algérien 2026.
Voici l’évolution récente du WTI (en dollars) :
| Date | Ouverture | Plus haut | Plus bas | Clôture | Variation |
|---|---|---|---|---|---|
| 6 mars | 78,74 | 92,57 | 78,38 | 91,79 | +16,37% |
| 9 mars | 97,82 | 119,48 | 81,25 | 85,5 | -6,85% |
| 10 mars | 88,34 | 91,52 | 76,79 | 86,9 | +1,64% |
| 11 mars | 85,79 | 88,96 | 81,9 | 88,89 | +2,29% |
| 12 mars | 91,8 | 97,16 | 89,92 | 96,52 | +8,58% |
Cette volatilité reflète l’incertitude. Une fermeture prolongée pourrait pousser le baril à 100 dollars ou plus.
Position stratégique de l’Algérie
L’Algérie produit près d’un million de barils par jour et vise une hausse de 6 000 barils mensuels dès avril. Ses réserves de pétrole atteignent 12,2 milliards de barils, troisièmes en Afrique. Pour le gaz, la production est de 100-105 milliards de m³ par an, avec un objectif de 200 milliards d’ici 2030.
Le pays est à l’abri des importations de gasoil dès 2026 grâce à ses raffineries. Ses gazoducs comme TransMed et Medgaz assurent des exportations stables vers l’Europe.
La flambée des prix offre un rebond budgétaire. Avec un budget basé sur 60 dollars, les recettes excèdent les prévisions.
Opportunités et défis pour Alger
La crise dope les revenus algériens. Le Brent à 93 dollars le 6 mars soulage un État où la dette dépasse 50% du PIB. Sonatrach peut honorer plus de commandes, surtout avec l’Iran et le Qatar paralysés.
Pourtant, des risques persistent :
- Inflation importée et hausse des prix alimentaires.
- Pression sur la consommation intérieure, qui absorbe plus de la moitié de la production gazière.
- Besoin de réformes pour diversifier l’économie, au-delà des hydrocarbures.
Les experts notent une position de force, mais appellent à la prudence géopolitique.
Réactions internationales et perspectives
L’Europe voit ses prix du gaz TTF grimper à 65 €/MWh. Le G7 discute de libérer des réserves. L’AIE a annoncé 400 millions de barils, sans calmer les marchés.
Pour l’Algérie, la crise teste sa diplomatie équilibrée. Elle pourrait gagner des parts de marché en Asie.
Cette situation rappelle les chocs de 1973, mais l’économie mondiale est plus résiliente.
Conclusion
Le blocage d’Ormuz provoque un choc pétrolier avec des prix en hausse et des risques mondiaux. L’Algérie bénéficie d’un rebond financier grâce à ses exportations stables. Pourtant, elle doit investir dans la diversification pour éviter la dépendance aux hydrocarbures.
Les perspectives dépendent de la durée du blocage. Une résolution rapide calmerait les marchés, mais une escalade prolongée aggraverait l’inflation globale. Alger surveille la situation, prête à saisir les opportunités tout en gérant les défis internes.