Les prix du pétrole grimpent en flèche en ce début mars 2026. Le baril de Brent a dépassé les 107 dollars le 8 mars, après une hausse de près de 16% en une journée, avant d’effleurer les 118 dollars. Cette flambée s’explique par les tensions au détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran en riposte à des frappes américano-israéliennes fin février. L’Algérie, exportateur clé vers l’Europe, se trouve en position avantageuse grâce à ses routes sécurisées en Méditerranée.
Ce choc géopolitique bouleverse les marchés mondiaux. Les investisseurs anticipent des perturbations d’approvisionnement, faisant bondir les cours depuis un niveau autour de 60-80 dollars début mars. Pour Alger, cette situation dépasse les prévisions budgétaires basées sur 60 dollars le baril. Sonatrach, le géant national, pourrait engranger des recettes supplémentaires, malgré des contraintes de production. L’Europe, en quête de diversification, se tourne vers ce partenaire fiable.
Contexte des tensions au détroit d’Ormuz
Les troubles ont éclaté fin février 2026. Des frappes américano-israéliennes ont visé l’Iran, provoquant une réponse des Gardiens de la Révolution qui ont annoncé le blocage d’Ormuz le 28 février. Ce détroit, par où transite 20% du pétrole mondial, voit des navires massés et des incidents signalés, comme des projectiles sur des pétroliers.
Les marchés ont réagi instantanément. Le Brent a grimpé de 15,87% le 8 mars à 107,40 dollars, avec un pic à 118 dollars. Cette volatilité rappelle les chocs passés, mais dépend d’une résolution diplomatique rapide, comme évoqué au G7. Les experts soulignent que sans déficit réel d’offre, les prix pourraient redescendre vite.
L’impact sur l’économie algérienne
La Loi de Finances 2026 tablait sur 60 dollars le baril pour ses recettes pétrolières, estimées à 2.697 milliards de dinars. Avec les cours actuels bien au-dessus, Alger dispose d’une marge confortable, évitant un déficit plus lourd prévu à 9.627 milliards de dinars. Cela offre un coussin pour financer dépenses sociales et investissements.
Les hydrocarbures représentent encore 95% des exportations. La hausse profite directement au budget de l’État, dans un pays dépendant de ces revenus. Cependant, la volatilité impose la prudence : une détente au Golfe pourrait inverser la tendance en jours.
| Indicateur budgétaire 2026 | Valeur (milliards DA) | Source |
|---|---|---|
| Recettes pétrolières prévues | 2.697 | |
| Dépenses totales | 17.636 | |
| Déficit prévisionnel | 9.627 | |
| Prix référence baril | 60 USD | |
Avantages géographiques pour l’Algérie
Contrairement aux pays du Golfe, l’Algérie expédie via la Méditerranée, sans passer par Ormuz. Les gazoducs TransMed (vers l’Italie) et Medgaz (vers l’Espagne) assurent des flux stables vers l’Europe. Les terminaux d’Arzew et Skikda renforcent cette sécurité.
L’Europe diversifie ses sources post-Ukraine. Alger fournit gaz et pétrole fiables, avec une production pétrolière visée à 1 million de barils/jour mi-2026. Sonatrach modernise ces infrastructures avec des partenaires chinois. Cela positionne l’Algérie comme alternative premium.
- TransMed : Relie Hassi R’Mel à l’Italie via Tunisie.
- Medgaz : Direct Alger-Espagne, capacité 10 milliards m³/an.
- Terminaux clés : Arzew (GNL/pétrole), Skikda (post-maintenance).
Défis de production chez Sonatrach
Les exportations GNL ont baissé à environ 9,54 millions de tonnes en 2025, dues à des maintenances à Skikda et Arzew. Mais des relances d’unités boostent les capacités. La production pétrolière approche 959.000 barils/jour, avec +6.000 barils/mois dès avril 2026 via OPEP+.
Sonatrach investit 60 milliards de dollars sur 2025-2029 (ou 2026-2030), dont 45 milliards en exploration-production. Cela vise à renforcer réserves et exportations, tout en intégrant transition énergétique. Les effets se feront sentir à moyen terme.
Perspectives pour l’Europe et l’Algérie
L’Europe bénéficie d’une offre stable. Avec la hausse des prix, Alger pourrait augmenter ses volumes vers l’Espagne et l’Italie. Des contrats comme avec Geoplin (Slovénie) via TransMed s’étendent. Sonatrach vise aussi l’Asie pour diversifier.
Experts notent que cette crise accélère la diversification européenne. L’Algérie, via Sonatrach, consolide son rôle stratégique.
Conclusion
La flambée du baril à plus de 110 dollars, due au blocage d’Ormuz, place l’Algérie en position forte. Ses routes méditerranéennes et les investissements de Sonatrach offrent un avantage clé face à la volatilité. Les recettes budgétaires excèdent les prévisions, soutenant l’économie.
Pourtant, la durée des tensions reste incertaine. Une résolution rapide pourrait ramener les prix à 60-70 dollars. Alger doit accélérer sa production et diversifier au-delà des hydrocarbures. L’avenir dépendra de la diplomatie au Golfe et des efforts internes pour une transition énergétique durable.

















