La guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février 2026 par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, perturbe gravement le commerce mondial du pétrole et du gaz. L’Iran a bloqué le détroit d’Ormuz, par lequel passe 20% de la consommation pétrolière mondiale, provoquant une flambée des prix et des suspensions de production chez des géants comme le Qatar. Des pays comme la Chine et la France subissent déjà des hausses de prix à la pompe et des restrictions d’exportations, tandis qu’une pénurie mondiale se profile. L’Algérie, elle, échappe à cette tourmente grâce à sa stratégie d’autosuffisance en carburants, mise en place ces dernières années. Depuis 2022, le pays ne importe plus d’essence et vise l’arrêt des importations de gasoil en 2026. Cette politique, portée par Sonatrach et soutenue par le président Tebboune, renforce la résilience face aux chocs géopolitiques.
Contexte de la guerre et blocage du détroit d’Ormuz
La guerre a éclaté fin février 2026 après des frappes américaines et israéliennes sur des sites iraniens, dont des centres nucléaires secrets près de Téhéran. L’Iran a riposté par des salves de missiles sur Israël et le Qatar, touchant même une base américaine. En réponse, les Gardiens de la Révolution ont fermé le détroit d’Ormuz dès le 28 février, interdisant la navigation commerciale.
Ce passage stratégique voit transiter 20% du pétrole mondial et une part similaire de gaz naturel liquéfié (GNL). Les cours du Brent ont bondi de plus de 20% en quelques jours, dépassant 77 dollars le baril mi-mars. Huit pays OPEP+, dont l’Algérie, ont annoncé une hausse de production de 206 000 barils par jour pour avril, mais la tension persiste.
Réactions mondiales : suspensions et hausses de prix
Le Qatar a invoqué un cas de force majeure pour stopper sa production de GNL et produits dérivés comme l’urée ou le méthanol, affectant les chaînes d’approvisionnement mondiales. La Chine, dépendante du Golfe, a ordonné à ses raffineurs (PetroChina, Sinopec) de suspendre immédiatement les exportations d’essence et de gasoil, annulant même des contrats existants.
En France, les prix à la pompe ont grimpé : le gazole oscille autour de 1,84 €/L et l’essence SP95-E10 à 1,78 €/L, en hausse de 2 à 4,5 centimes récemment, malgré des taxes alourdies comme les CEE (16-17 centimes/L). Au Japon et en Thaïlande, des annulations d’exportations aggravent les risques de pénurie globale.
Stratégie algérienne d’autosuffisance en carburants
L’Algérie s’est affranchie des importations grâce à un programme ambitieux de Sonatrach. Depuis 2022, plus d’essence n’est importée ; le kérosène l’est depuis 2020 déjà. L’arrêt du gasoil est prévu pour 2026, comme annoncé par le président Tebboune à Béchar en avril 2025 : « À partir de 2026, nous raffinerons notre pétrole ici. »
De 2018 à 2023, la production de raffinage est passée de 27 à 30,7 millions de tonnes/an (+3,7 Mt), couvrant 18,1 Mt de consommation en 2023 (dont 10,1 Mt gasoil), en hausse de 3,5%. Trois milliards de dollars ont été investis pour réhabiliter Skikda (16,5 Mt/an), Arzew et Alger, prolongeant leur vie de 15 ans et améliorant la sécurité.
Investissements et projets phares de Sonatrach
Sonatrach diversifie ses actifs. En 2018, elle a racheté la raffinerie Augusta (Sicile) à ExxonMobil pour 1 milliard de dollars, sécurisant la production face aux tensions mondiales. La nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud (5 Mt/an, 3,5 milliards $), relancée après Covid, entrera en service fin 2027, ajoutant 2,7 Mt gasoil et 1,2 Mt essence.
Ces efforts permettent non seulement l’autosuffisance, mais un potentiel d’export. En mars 2026, malgré la guerre, l’Algérie bénéficie de la hausse des prix du pétrole (Brent ~77 $/baril), boostant ses revenus en devises sans risque de pénurie interne.
- Avantages clés :
Perspectives pour l’Algérie face à la crise prolongée
La guerre, entrée dans son deuxième mois, pourrait pousser le Brent à 100 $/baril si Ormuz reste fermé. L’Algérie, avec 977 000 barils/jour dès avril, en profitera exportateur (gaz via gazoducs vers Europe). Son autosuffisance limite les impacts domestiques, contrairement à l’Europe ou l’Asie.
Toutefois, une escalade pourrait affecter les routes gazières algériennes indirectement. Sonatrach accélère Hassi Messaoud pour exporter du surplus dès 2027.
En résumé, la politique d’autosuffisance place l’Algérie en position de force. Cette crise souligne l’importance de la souveraineté énergétique : l’Algérie inspire d’autres pays producteurs. Reste à surveiller l’évolution du conflit et ses répercussions sur les marchés mondiaux. L’objectif d’exportations renforcera-t-il l’économie nationale à long terme ?

















