Algérie

Importation de pneus en Algérie : Sayoud ouvre la porte à d’autres opérateurs pour soutenir Naftal

Importation de pneus en Algérie : Sayoud ouvre la porte à d’autres opérateurs pour soutenir Naftal

Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, a récemment réaffirmé que Naftal garde l’exclusivité pour importer les pneus, mais d’autres opérateurs pourraient intervenir si les besoins du marché ne sont pas couverts. Cette position fait suite à une rencontre avec les représentants des transporteurs, où des manques ont été signalés. Elle s’inscrit dans un contexte de pénurie persistante qui touche automobilistes et professionnels depuis plusieurs mois, suite à une décision présidentielle visant à réguler un marché anarchique. L’objectif est clair : éviter toute pénurie artificielle et stabiliser les prix, comme l’a toujours insisté le président Abdelmadjid Tebboune. Naftal a déjà signé des contrats majeurs avec des fournisseurs européens, mais la distribution progresse lentement, laissant place à des interrogations sur l’avenir de l’approvisionnement.

Contexte de la crise des pneus

L’Algérie fait face à une pénurie de pneus depuis 2024, aggravée par un non-respect des quotas d’importation par plus de 1 200 entreprises privées, entraînant spéculations et hausses de prix folles. Un accident tragique d’un bus à Oued El Harrach en août 2025, faisant 18 morts, a mis en lumière l’usure des véhicules due au manque de pneus neufs. Le président Tebboune a alors ordonné une importation massive et confié l’exclusivité temporaire à Naftal pour réguler le marché.

Cette mesure visait à rétablir l’ordre sans créer de rupture. Saïd Sayoud, lors de déclarations à la presse après sa réunion avec les transporteurs début janvier 2026, a confirmé cette exclusivité, tout en précisant qu’elle n’est pas figée. Si Naftal assure seule la disponibilité, l’État s’appuiera sur elle ; sinon, d’autres acteurs entreront en jeu pour répondre aux besoins des citoyens.

Les actions concrètes de Naftal

Naftal, Société nationale de commercialisation des produits pétroliers, a multiplié les partenariats pour inonder le marché. En janvier 2026, elle a signé avec l’allemand Continental pour 1,5 million de pneus : 1 million pour véhicules légers et 500 000 pour poids lourds. Un second contrat avec l’italien Prometeon (Pirelli) porte sur 500 000 pneus pour camions et bus.

La distribution s’appuie sur plus de 2 000 points de vente nationaux. Fin janvier 2026, 68 000 pneus légers allemands arrivaient aux ports d’Oran et Annaba, pour 48 centres de distribution. Les prix encadrés sont 35 à 55% inférieurs au marché noir. Naftal prévoit un deuxième appel d’offres pour 4,5 millions d’unités supplémentaires avant fin 2026.

FournisseurType de pneusQuantité (première phase)Distribution
Continental (Allemagne)Légers et poids lourds1,5 million>2 000 points Naftal 
Prometeon (Italie/Pirelli)Poids lourds500 000Réseau Naftal 
Total phase 1Tous types~2 millionsPorts Oran/Annaba 

La position de Sayoud et réactions des transporteurs

Lors de sa réunion du mardi (début janvier 2026) avec syndicats et transporteurs, Saïd Sayoud a écouté les doléances sur les manques persistants. Il s’est engagé à les transmettre au Premier ministre, au ministre des Énergies et au DG de Naftal. Le ministre a insisté : pas de pénurie volontaire, et ouverture à d’autres opérateurs si nécessaire.

Les transporteurs, représentés par Houcine Bouraba (Organisation nationale des transporteurs algériens), saluent cette approche pragmatique mais demandent plus de rapidité. Le PDG de Naftal, Djamel Cherdoud, promet des prix compétitifs pour freiner la spéculation. Fin février 2026, le ministre du Commerce Rezig évoquait une exclusivité Naftal de trois mois, avec cinq licences privées et deux usines locales prévues pour 2027.

  • Avantages Naftal : Réseau étendu, contrôle des prix.
  • Risques : Délais d’importation, capacité limitée.
  • Solutions alternatives : Opérateurs privés autorisés si échec.

Enjeux et perspectives industrielles

La crise révèle une dépendance aux importations, malgré Iris Tyres (production locale insuffisante). Quatre usines (Oran, Sétif, Aïn M’lila, Touggourt) viseront 20 millions d’unités/an dès 2026-2027, pour l’export. Ces investissements (384 millions USD) s’alignent sur la souveraineté industrielle prônée par Tebboune.

À mars 2026, la situation s’améliore avec les premières livraisons, mais des tensions persistent chez les transporteurs (grèves carburant liées). Sayoud supervise aussi l’importation de 10 000 bus d’ici mars, pour renouveler un parc vétuste. L’impact sur la sécurité routière est majeur : moins d’accidents dus à des pneus usés.

Conclusion

En résumé, Saïd Sayoud maintient Naftal en première ligne pour l’importation de pneus, avec des contrats européens massifs et une distribution en cours qui fait baisser les prix. L’ouverture à d’autres opérateurs garantit une flexibilité face aux besoins urgents des transporteurs et citoyens. À moyen terme, les usines locales promettent l’autosuffisance d’ici 2027.

Les perspectives sont encourageantes, mais le suivi reste crucial : la pleine disponibilité des pneus conditionnera la fluidité des transports. Reste à voir si Naftal suffira seule ou si la concurrence s’imposera. Une question plane : les livraisons de mars 2026 stabiliseront-elles définitivement le marché ?