L’Algérie renforce ses stocks de blé tendre face à la hausse des prix mondiaux. L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a conclu un nouvel achat de 150 000 à 200 000 tonnes le 10 mars 2026. Ce prix atteint 291 dollars la tonne, coût et fret inclus, en raison des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Il s’agit de la troisième importation depuis janvier, portant le total à environ 1,4 million de tonnes pour sécuriser l’approvisionnement en pain et produits de base.
Cette opération arrive dans un contexte de marché volatil. Les ports de Mostaganem et Ténès recevront les cargaisons entre avril et juin 2026. Les prévisions de l’USDA tablent sur 9 millions de tonnes de céréales importées pour la campagne 2025-2026, malgré une production nationale stable autour de 3 millions de tonnes. L’Algérie mise sur la diversification des origines, principalement la mer Noire, pour éviter les ruptures.
Contexte de l’opération d’achat
L’OAIC a lancé plusieurs appels d’offres depuis début 2026. Le 19 janvier, il a acquis 600 000 tonnes, suivi de 600 000 tonnes fin février à 259-260 dollars la tonne. La hausse à 291 dollars reflète l’envolée des cours due aux conflits au Moyen-Orient, qui perturbent les routes maritimes et font grimper les prix du blé tendre à plus de 200 euros la tonne sur Euronext.
Les négociants européens notent un volume modeste pour cette opération de mars. Les livraisons s’échelonnent en six périodes : 1er-15 avril, 16-30 avril, 1er-15 mai, 16-31 mai, 1er-15 juin, 16-30 juin. Pour les provenances lointaines comme l’Amérique du Sud ou l’Australie, l’expédition avance d’un mois.
Origines et logistique des importations
Le blé provient majoritairement de la mer Noire, avec options flexibles. Mostaganem et Ténès sont désignés pour la réception, optimisant les flux vers les silos nationaux. Cette stratégie diversifie les fournisseurs et réduit les risques liés aux tensions géopolitiques.
En 2026, l’Algérie accélère les achats pour anticiper la demande. Les précédentes opérations de décembre 2025 et janvier ont déjà rempli les stocks. Le blé tendre sert à la panification, essentiel pour 45 millions d’habitants.
Évolution des prix et facteurs mondiaux
Les prix du blé tendre bondissent en mars 2026. Du 253-257 dollars en juillet 2025, ils passent à 291 dollars, impactés par la guerre au Moyen-Orient et la baisse euro/dollar.
| Période | Volume (tonnes) | Prix ($/tonne C&F) | Source |
|---|---|---|---|
| Déc. 2025 | 810 000-900 000 | 256 | |
| Janv. 2026 | 600 000 | Non précisé | |
| Févr. 2026 | 600 000 | 259-260 | |
| Mars 2026 | 150 000-200 000 | 291 |
Ce tableau montre la tendance haussière malgré des volumes stables.
- Facteurs clés : tensions Iran-Israël-USA, perturbations en mer Rouge et Ormuz.
- Impact : plus hauts cours depuis août 2025 sur les marchés physiques.
Production nationale et prévisions USDA
La production algérienne stagne à 3-3,2 millions de tonnes de blé pour 2025-2026. Le gouvernement vise l’autosuffisance en blé dur dès 2026 via 3 millions d’hectares emblavés. Mais le blé tendre reste importé en raison du climat sec.
L’USDA prévoit 9 millions de tonnes de céréales (blé + orge) importées, dont 9,2 millions pour le blé seul dans certains rapports. L’orge suit, avec 550 000 tonnes prévues. Ces achats massifs (1,4 million en 3 mois) sécurisent les stocks face à une consommation annuelle élevée.
Enjeux stratégiques pour l’Algérie
L’OAIC monopolise les importations pour contrôler les prix intérieurs. Ces opérations évitent les pénuries comme en 2011. Les tensions mondiales poussent à des stocks records, avec une facture en hausse due aux prix.
Experts soulignent la vulnérabilité : dépendance à 70-80% pour le blé tendre. Initiatives locales boostent le blé dur, mais le tendre exige des importations continues. Budget : plusieurs milliards de dollars annuels pour la sécurité alimentaire.
Perspectives et défis à venir
L’Algérie consolide ses réserves avec 1,4 million de tonnes en trois mois. Prochains appels d’offres dépendront des cours mondiaux et des récoltes locales. Si les tensions persistent, les prix pourraient dépasser 300 dollars.
Vers l’autosuffisance ? Succès en blé dur possible, mais blé tendre challengé par le climat. Questions ouvertes : impact inflationniste, diversification des cultures, accords bilatéraux. L’OAIC surveillera les marchés pour stabiliser l’approvisionnement.